Plan Chlordécone IV, des paroles, des paroles...

Commission écologie


L’État français dévoile son énième nouveau plan chlordécone pour la période 2021-2027. Il en résulte un plan trop peu ambitieux compte tenu des enjeux, malgré la mobilisation des associations martiniquaises et guadeloupéennes qui ont permis de tripler le budget, les stratégies proposées relèvent davantage du verni de communication, que d’une véritable politique publique sanitaire et environnementale.



Le rapport d’évaluation des derniers Plan Chlordécone soulignait déjà "une sous-estimation des conséquences économiques et sociales des mesures administratives" à prendre face au chlordécone, "l’insuffisant suivi des travailleurs agricoles de la banane" et un mode de gouvernance bien trop complexe du pilotage. Une succession de plans depuis 2008, sans réelles perspectives vers le zéro chlordécone, et sans tenir compte des priorités des populations de Martinique et de Guadeloupe.


Lors de la manifestation du 7 novembre dernier à Fort-de-France, les membres du collectif

Lyannaj pou dépolyé Matinik ont fait valoir 10 exigences à mettre en oeuvre de toute urgence. Elles n’ont été que partiellement prises en compte dans le ce énième plan chlordécone IV :


  • Aucune mesure de ce nouveau plan n’aborde la question de la dépollution des sols, des corps et des milieux aquatiques, elle est totalement éludée que ce soit dans la stratégie de recherche, d’alimentation, de santé ou environnementale.


  • Pas un mot sur l’attribution des terres en friche saines à des cultivateurs et des cultivatrices pour permettre une agriculture vivrière avec zéro-chlordécone ;


  • La stratégie de recherche ignore totalement de nombreuses pathologie générées par la chlordécone, comme les atteintes neuro-développementale des enfants dès la grossesse ;


  • Aucune mesure de justice visant la poursuite des responsables économiques et politiques de cet empoisonnement, les plus à même d’abonder financièrement le plan de dépollution.


La C.A.A.N s’associe à l’appel international contre le chlordécone et les autres pesticides

pour que cessent le harcèlement, la répression policière et judiciaire contre les militants.e.s engagés.e.s dans le combat contre ce désastre, pour la réparation totale des préjudices subis en Martinique et en Guadeloupe et l’indemnisation sans condition de toutes les victimes du chlordécone et en priorité des ouvrier.ère.s agricoles, pour que l’État assume sa responsabilité en prenant des mesures à la hauteur de la gravité de la situation et engage par tous les moyens nécessaires la dépollution des terres et la réparation de ce crime colonial.

55 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

© 2020 Powered by C.A.A.N. 

  • Gris Facebook Icône
  • Twitter
  • Instagram